Précédemment, nous avons affirmé que faire de nos territoires des biens communs, dont les ressources et les moyens de production seraient gérés par les citoyen·nes via les institutions publiques locales, permettrait de transformer en profondeur l’organisation démographique des territoires. De nombreuses activités productrices étant relocalisées autour des ressources utilisées, nous imaginons que les citoyen·ne·s des métropoles se déplaceraient vers les territoires ruraux, pour s’y installer à long terme. Cet exode urbain entraînerait un rééquilibrage de la répartition des citoyen·ne·s dans les territoires.
Selon les théoricien·ne·s du biorégionalisme, un tel retour dans les territoires ruraux aurait des conséquences profondes sur l’aménagement urbain. Le territoire national serait composé de biorégions, elles-mêmes composées d’un maillage de villes de petites et moyennes tailles. Ces communes à taille humaine seraient organisées pour produire les denrées alimentaires et les biens manufacturés issus des ressources disponibles localement. Elles seraient en échange étroit avec les villes avoisinantes, afin d'échanger et de commercer dans une logique de subsistance.
On peut aisément imaginer le retour de multiples services dans ces petites et moyennes villes, aujourd’hui souvent délaissées : infrastructures scolaires de la crèche au lycée, centres médicaux et hospitaliers, réseaux de transports en commun, commerces de proximité, restauration, espaces culturels, etc… Le retour de ces services entraînerait très probablement une chute de la dépendance aux transports privés et professionnels polluants.
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Questionnement :
- Comment pourrait-on chiffrer cette chute de la dépendance au transport ?
- Et donc, pourrait-on estimer l’impact sur notre consommation énergétique ?
Une discussion que nous pourrions mener avec le think tank Forum Vies Mobiles et l’association Négawatt.
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Les territoires étant autonomes, les langues locales, les arts, les savoirs-faire traditionnels pourraient être mieux valorisés qu’aujourd’hui.
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Questionnement :
- Qu'est-ce qui permettrait de recréer des identités culturelles territoriales fortes, et de redonner une place de choix aux cultures locales dans la vie des citoyen·nes ?
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Nous pensons que les inégalités économiques entre les territoires seraient plus limitées qu’actuellement, car chaque territoire mobiliserait ses propres ressources nécessaires pour garantir la subsistance des citoyen·ne·s. Ainsi, nous avons l’intuition que cette organisation serait propice à la création d’une société plus égalitaire. Pour vérifier cette intuition, nous devons nous demander :
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Questionnement :
- Quelles seraient les conséquences d'une telle réorganisation des territoires sur les modes de vie urbains, périurbains et ruraux ?
- Comment imaginer l’ensemble des conséquences d’un tel rééquilibrage démographique sur les modes de vie en zones urbaines et rurales ? §BR§Cette réflexion pourrait être menée avec Guillaume Faburel, géographe et fondateur du Mouvement pour une société écologique du post-urbain.
- Quelles seraient les conséquences sur les espaces périurbains qui subissent au quotidien le racisme systémique ? Quelles sont les conditions pour que cette nouvelle organisation territoriale soit non discriminatoire pour les personnes issues des espaces péri-urbains ?§BR§Les transformations des zones péri-urbaines pourraient être discutées avec l’association Banlieues Climat et son représentant Feris Barkat, ainsi que Fatima Ouassak, autrice de l’ouvrage Pour une écologie pirate.
- Quels seraient les impacts de cette réorganisation sur les systèmes de domination aujourd’hui en place ?
- Cette société post-capitaliste permettrait-elle d’enrayer le racisme systémique, les dominations de genre, d’orientation sexuelle, et toutes les autres ? Si oui, comment ? Quels seraient les garde-fous à construire pour garantir une fin des discriminations systémiques ?
- Les inégalités entre territoires urbains, périurbains et ruraux pourraient-elles être gommées ? Si oui, comment ?
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Ainsi, en instaurant collectivement le cadre adéquat, nous pensons que cette société répartie dans des villes de petites et moyennes taille pourrait être la base d’une société plus égalitaire au sein de laquelle les besoins de tous·tes les citoyen·ne·s sans distinction pourraient être assurés, les inégalités pourraient être gommées, les liens sociaux pourraient être plus nombreux et plus solides.