Notre Manifeste
L’autonomie et la coopération des territoires,
pour une alternative systémique POST-CAPITALISTE
Notre constat
1. constat général
+
+
La société capitaliste néolibérale est à l’origine de toutes nos crises. Les désordres générés par les effets de l’activité humaine ne sont plus à démontrer. Ils provoquent des conséquences multiples, d’une part sociales : inégalités Nord Sud, extrême pauvreté, dumping social mondialisé, construction de classes sociales inégalitaires, destruction des pouvoirs publics, migrations forcées et soudaines d’autre part, environnementales, avec le dépassement de presque toutes les limites planétaires. Cette idéologie de société conduit l’ensemble de la biosphère humaine et non humaine vers la 6ème extinction de masse.
L’impasse que représente le dogme de la croissance infinie dans un monde fini n’est plus à démontrer. La fin de l’ère capitaliste est inéluctable et nous devons nous préparer à l'ère post-croissance, post-productiviste, post-capitaliste.
Le clan capitaliste, main dans la main avec l'extrême droite
Tous les voyants sont au rouge, mais le clan capitaliste n’a nullement l’intention de changer de cap afin de garantir la préservation de la vie sur Terre. Bien au contraire, il s’obstine dans sa démarche mortifère et souhaite imposer son idéologie par la force aux peuples du monde entier. Pour cela, il a choisi son bord politique, l’extrême droite, qui est à la fois autoritariste, fasciste, raciste, patriarcale, mais surtout compatible avec leurs intentions productivistes. Ce sont les principes d'égalité, de laïcité et l'État de droit qui sont en danger partout où l'extrême droite prend le pouvoir.
Alors que l’effondrement que le clan capitaliste a lui-même provoqué approche, l’oligarchie qui détient les pouvoirs institutionnels et financiers prépare sa survie dans des bunkers de luxe, à l'abri du chaos à venir.
Nous, citoyens.nes, sommes dépendant de ce système
Ce constat est sans appel. Malgré cela, nous sommes de plus en plus dépendant·e·s de ce système. Désindustrialisation des territoires, délocalisation, privatisation, industrialisation du modèle agricole, financiarisation de l’économie, néocolonialisme sont les piliers de l'économie de marché. Ces choix politiques nous ont rendus dépendant·e·s des chaînes logistiques mondialisées. Ils ont façonné l’aménagement des territoires, entraînant un exode rural massif, et affirmant les métropoles tertiarisées comme le modèle de prédilection du capitalisme néolibéral. Nous avons vu pendant la crise sanitaire du COVID 19 à quel point nos dépendances nous fragilisent et nous rendent vulnérables dans un monde qui est perpétuellement en crise.
2. Constat politique
+
Le rejet des institutions et des partis politiques
Les deux mandats Macron signent un changement de doctrine dans la pratique des institutions de la Ve République, construite autour du pouvoir présidentiel. Les règles implicites de la construction démocratique, jusqu’ici respectées par les gouvernements précédents, sont balayées par un président qui n'hésite pas à tordre la Constitution pour contourner les principes démocratiques les plus basiques. La démocratie parlementaire est bafouée au profit d’une gouvernance autoritaire menée par un pouvoir exécutif décomplexé.
L’instabilité politique de ces dernières années n’est qu’une stratégie visant à maintenir la droite la plus radicale au pouvoir, quitte à ce que ce soit l'extrême droite qui gouverne.
De plus, l’expression citoyenne est systématiquement négligée : la mobilisation des gilets jaunes en 2018, les mobilisations contre la réforme des retraites en 2023, le résultat des élections législatives en 2024, la pétition contre la loi Duplomb en 2025, ont renforcé chez les citoyen·ne·s un sentiment d’impuissance profond.
Les conséquences de cette instabilité délibérément choisie, et de la non prise en compte de l’expression citoyenne, sont un rejet de plus en plus fort des institutions centralisées à Paris d’une part, et des partis politiques d’autre part, entraînant un abstentionnisme qui ne fait que progresser depuis plusieurs décennies. La stratégie du chaos menée par Emmanuel Macron éloigne de plus en plus les citoyen·ne·s de la réflexion politique de fond, et donne à voir une classe politique dominée par des intentions électoralistes.
3. constat sur les luttes progressistes
+
Dans le monde
+
Suite aux mouvement altermondialistes des années 2000, les années 2010 ont vu se renforcer des oppositions fortes au système sur fond de revendications sociales, environnementales et démocratiques. Partout à travers le monde, les peuples ont fait part de leurs craintes et de leurs désespoirs à travers des mouvements de protestations spontanés, depuis les « printemps arabes » et les Indignés de la Puerto del Sol ou d'Occupy Wall Street, jusqu'aux manifestations à Hong Kong, en Algérie ou en Iran, en passant par les « gilets jaunes » et jusqu’à la grève des écoliers pour le climat.
C’est aussi la décennie qui a vu apparaître les populismes réactionnaires et autoritaires les plus extrêmes. En réponse aux mouvements à travers le monde qui remettent en cause le système, le clan capitaliste, représenté par le réseau Atlas, a choisi son camp. Il coopère avec l'extrême droite pour gouverner de manière autoritaire et imposer son dogme économique. Depuis Donald Trump 1 au Etats-Unis, en passant par Javier Bolsonaro au Brésil ou Viktor Orban en Hongrie, ces chefs d’Etats se sont fait élire sur des programmes populistes en manipulant le sentiment de rejet du système institutionnel de ses électeurs et électrices.
Finalement, tout autour du globe, le rejet du système n’a jamais été aussi fort auprès des populations, qu’il s’exprime à travers des visions progressistes ou réactionnaires.
En France
La France n’est pas épargnée. Les forces réactionnaires se sont organisées pour placer l'extrême droite aux portes du pouvoir, en appliquant les recettes qui ont fonctionné pour leurs homologues états-uniens, argentins, italiens, hongrois : appropriation des médias, criminalisation des activistes, post-vérité, discours populistes fallacieux. Post COVID 2019, le clan réactionnaire s’est organisé pour imposer son cadrage politique sur les sujets de l’immigration et de l’insécurité. L'apparition de la candidature d’Eric Zemmour dans la campagne à la présidentielle de 2022 a poussé le niveau de radicalité vers une extrême droite dangereuse et décomplexée, déplaçant le centre de gravité de toute l’expression politique vers la droite. Depuis, l’attention médiatique ne s’est plus détournée de ces sujets.
Parallèlement à cela, les multiples gouvernements Macron se sont attelés, avec enthousiasme, sur fond de crise inflationniste et de la dette, à la destruction de l'État social : retraite, chômage, santé, éducation, ubérisation des travailleurs et des travailleuses, et à la destruction de l’environnement : croissance verte, relance du nucléaire, recul sur les normes environnementales dans l’agriculture, soutien des projets de forage de Total Energies, construction d’infrastructures routières d’un autre temps.
Le mouvement climat ou l’avancée des idées progressistes
+
De l’autre côté, la société civile dans toute sa diversité a connu, durant la décennie 2010, un élan offensif, massificateur, mené par un mouvement climat pluriel, organisé et coordonné. Elle a réussi à entreprendre une véritable bataille culturelle sur les questions du dérèglement climatique et plus largement de l’environnement. Non seulement, elle a réussi à conscientiser une majorité de citoyen·ne·s sur les risques du dérèglement climatique, mais elle a réussi à faire émerger dans le débat public les solutions alternatives associées dans une diversité de secteurs : énergie, agriculture, transport, finance, etc… Arrivé à son apogée, le mouvement climat n’a pas réussi à faire évoluer son récit en vision de société. Quelle est la société que représente la somme des solutions alternatives au dérèglement climatique promues par les acteurs de la mobilisation ? C’est une question que le mouvement climat ne s’est pas posée à l’époque et qui aurait peut-être permis d’identifier la prochaine marche à gravir pour la bataille culturelle qu’il avait entrepris.
À présent, la société civile croule sous les attaques des forces réactionnaires. Elle s’est donc naturellement organisée de manière défensive, en opposition aux projets qui émergent de toute part, et ses possibilités d’action se sont restreintes sous les attaques répétées aux libertés individuelles, de la presse et des associations.
La bataille culturelle échappe aux forces progressistes. Cette posture d’opposition qui est nécessaire est devenue le moteur principal de nos actions conséquentes à la multitude des attaques réactionnaires. Elle met à mal les capacités de la société civile à développer une vision de société systémique, radicale et crédible, indispensable à la construction d’une bataille culturelle idéologique. Pourtant ce travail est indispensable. Développer et pousser une vision post-capitaliste nous permettrait de nous replacer dans une posture offensive et d’imposer un cadrage politique, qui au final, nous permettrait de relancer un espoir mobilisateur.
Enfin, même si la société civile est souvent motrice dans l’élaboration de propositions concrètes qui arrivent à s’imposer dans le débat public, comme l’ISF climatique ou la taxation des supers profits sur les multinationales, ou encore la taxe Zucman, la construction d’idéologies systémiques restent cantonnées aux seuls partis politiques. Malheureusement, la stratégie des partis politiques, de droite comme de gauche, ne repose plus sur la construction et la promotion d’idéologies affirmées qui s’inscrivent dans un contexte contemporain. Leurs stratégies reposent sur la conquête de nouveaux corps électoraux.
4. Nos conclusions
+
À travers le monde, les institutions gouvernementales construites autour du système économique capitaliste dont nous sommes si dépendant·e·s n’ont jamais été autant rejetées par les citoyen·ne·s. Ce système va s’effondrer de lui-même, en poursuivant sa logique de croissance infinie. Il est urgent d’imaginer, dès à présent, un modèle alternatif de société post-capitaliste, post-productiviste, post-croissance, qui ne serait plus dépendant des chaînes de production mondialisées pour assurer les besoins primaires des citoyen·ne·s : se nourrir, se loger, s’habiller, se déplacer, se cultiver, avoir accès à l’énergie, à la santé et à l’éducation, tout en respectant les limites planétaires et les droits humains.
En France, le retrait des citoyen·ne·s de la décision électorale, qui est un mouvement de fond de long terme, est le symptôme d'une crise de la représentation démocratique. Il est la preuve que le fonctionnement des institutions de la Vème République est à bout de souffle, et nous pousse à imaginer et explorer de nouveaux concepts de gouvernance dans lesquels les citoyen·ne·s seraient plus investi·e·s dans les décisions qui les concernent directement.
La société civile n’est pas soumise à l'électorat. Elle a un rôle primordial à jouer dans la construction d’une idéologie systémique, radicale, réaliste et compréhensible, qui dépasse celles proposées par les partis politiques de gauche. Elle pourrait ramener le centre de gravité des discussions politiques vers des préoccupations plus progressistes. La société civile détient un pouvoir de diffusion fort, via la coordination des réseaux militants, pour mener une bataille culturelle de terrain d'ampleur, comme nous l’a montré le mouvement climat auparavant.
La force de la société civile, au-delà de sa capacité à apparaître dans les médias, c’est la coordination des réseaux militants de terrain derrière un projet de société systémique, crédible et appropriable.
Tout nous pousse à penser que l’autonomie et la coopération des territoires est le concept vers lequel converge l’ensemble des revendications de la société civile progressiste, sur les aspects sociaux, environnementaux et institutionnels.
Tout nous pousse à penser qu’il est temps d’affirmer ce concept comme porte-étendard des luttes progressistes, qu’elles soient sectorielles, d’opposition ou intersectionnelles.
Pourquoi l'autonomie et la coopération des territoires?
1. De nombreuses luttes progressistes convergent vers plus d'autonomie
+
De nombreuses luttes progressistes, sociales ou environnementales, convergent vers des formes d'autosuffisance, d’autoconsommation ou d'autogouvernance au niveau local. Les revendications sectorielles qui sont portées par la société civile aboutissent finalement à une forme d’autonomie accrue pour les territoires :
-
- En agriculture, l’ensemble de la société civile progressiste comme la plateforme Nourrir ou le syndicat la Confédération Paysanne affirme qu’il est urgent de penser une agriculture produite localement, destinée à une alimentation locale, sur la base de l’agroécologie.
-
- Du point de vue de l’industrie, le besoin de relocaliser, de réintroduire les filières productives au cœur des territoires pour produire au regard des besoins des citoyen.nes est soutenu par des associations comme ATTAC France ou des syndicats comme la CGT ou Sud Solidaire.
-
- Dans le secteur de l’énergie, l’autoconsommation électrique, phénomène en forte croissance depuis la crise énergétique de 2022, appelle à plus d’autonomie de la part des particuliers, des entreprises et des collectivités territoriales pour alléger la demande sur les points de production centralisés. C’est RTE, le fournisseur d’électricité national qui l’affirme. Des projets, qui appellent à plus d’autonomie énergétique des territoires, existent déjà, comme par exemple, le projet TEPOS (TErritoires à énergie POSitive) porté par l'association Réseau Cler.
-
- Dans le secteur de l’économie, de nombreux projets citoyens laissent paraître une volonté de développer des pratiques commerciales qui valorisent les productions locales à destination des consommations locales. C’est ce que démontre l’émergence des monnaies locales partout en France depuis une quinzaine d’années portées par les associations Mouvement Sol ou MLC (Monnaies Locales Complémentaires citoyennes). De plus, l’épargne citoyenne participe dans de nombreux cas à financer des projets éthiques qui contribuent au développement des territoires. Nous retrouvons la NEF, Terre de Liens ou encore Energie partagée.
-
- Sur les questions d’ordres démocratiques, nous constatons, lors des dernières élections municipales, mais depuis déjà une dizaine d’années, l’émergence d’une multitude de listes citoyennes qui portent un projet municipaliste. L’assemblée de Poitiers en est le plus bel exemple. Un réseau de ces listes citoyennes existe. Il est animé par l’association Action Commune. De plus en plus de citoyen.nes s'interrogent sur la manière de participer aux décisions locales qui les concernent directement sur leur territoire avec une volonté de s'émanciper des décisions lointaines et hors sols d’un Etat centralisé, déconnecté de leurs réalités. Le mouvement spontané et multiforme des Gilets Jaunes s’est coordonné autour de revendications prinicpalement démocratiques, notamment en promouvant le RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne) avec la volonté de faire vivre le principe de démocratie directe.
Finalement, de nombreuses luttes convergent vers la volonté de rendre les territoires plus autonomes. Cependant, ce concept n’est pas encore affirmé de manière systémique dans l’espace public.
2. Plusieurs territoires disposent déjà d'une plus grande autonomie
+
L'article 72 de la Constitution permet la création de collectivités à statut particulier, dont les exemples se sont multipliés depuis les années 2010 : métropole de Lyon, Ville de Paris, collectivité de Corse, collectivité européenne d'Alsace et collectivités uniques d'outre-mer. La loi 3DS de 2022 a consacré le principe de différenciation territoriale pour adapter l'action publique aux spécificités locales.
A noter que :
-
- La communauté d’aglomération du Pays-Basque :
Au Pays-Basque Nord, donc dans la partie française, les volontés autonomistes de ce territoire ont amené la création de la communauté d’agglomération du Pays Basque, qui lui permet de structurer des projets de développement et d’augmenter son pouvoir localement, par la gestion autonome de projets territoriaux. Cela en fait un exemple important dans la démonstration de la capacité des territoires à s’autogouverner.
-
- L’autonomie de la Corse :
Mardi 23 juin 2026, les députés de l'Assemblée nationale ont approuvé, par 271 voix contre 202, une réforme constitutionnelle visant à accorder une autonomie au sein de la République à la Corse. Outre la possibilité d’adapter les lois et les règlements nationaux aux spécificités de l’île, la Collectivité de Corse pourrait dans l’autre sens émettre ses propres textes, y compris législatifs, avec un contrôle du Conseil constitutionnel ou du Conseil d’Etat. C’est une autonomie inédite en métropole, accordée au nom des intérêts propres à la Corse. Les compétences accordées à cette autonomie s'exercent sur l’aménagement du territoire, le tourisme ou le développement économique, et exclut les compétences régaliennes (sécurité, défense, justice, etc.).
Si la France demeure attachée au principe d’unité, elle renonce progressivement à l’uniformité par la reconnaissance de statuts particuliers, dont la Corse est un cas particulièrement emblématique.
La diversification des statuts locaux illustre bien la tension entre l’unité de la République et l’adaptation aux réalités territoriales.
3. Plusieurs territoires revendiquent une plus grande autonomie
+
Que ce soit en France métropolitaine ou dans les Outre-mers, plusieurs territoires ont revendiqué et revendiquent encore une plus grande autonomie face à un État français hyper centralisé à la construction colonialiste. Ces territoires souhaitent acquérir plus de compétences dans de nombreux domaines, pour reprendre la main sur leur capacité à s’autodéterminer.
+
La France entretient encore un rapport colonial avec ses territoires dits “d’Outre-mers”. Elle profite des ressources de ces territoires, au mépris des conséquences environnementales et sociales, tout en les rendant dépendants économiquement et culturellement de la métropole. Par conséquent, ces derniers tendent souvent à s’émanciper de l’influence métropolitaine, quand ils ne revendiquent par une indépendance pure et simple.
-
-
- En Kanaky-Nouvelle-Calédonie :
-
Un long processus de décolonisation est engagé depuis le début des années 80 par un mouvement indépendantiste, le FLNKS. Ce processus a permis à la Kanaky-Nouvelle-Calédonie de se voir attribuer un statut particulier. Les 3 provinces semi-autonomes qui composent le territoire disposent d’une assemblée délibérante qui leur est propre. Elles disposent également de représentants au Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Malgré cette institutionnalisation accordée, le mouvement indépendantiste reste très présent. Les représailles coloniales et la résistance gouvernementale à l’indépendance de la Kanaky le sont aussi. Le 12 juillet 2025, un accord a été signé qui pourra peut-être permettre à la Kanaky de devenir un État à part entière.
-
-
- En Martinique
-
le RPPRAC (Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens) revendique l’autonomie institutionnelle de la Martinique. En 2024, le mouvement a organisé de nombreuses manifestations en Martinique pour s’opposer au coût de la vie imposé dans les territoires d’Outre-mers par la grande distribution. Ils souhaitent briser le pacte colonial qui rend ces territoires captifs d’une dépendance alimentaire vis-à-vis de la métropole. Ils revendiquent très légitimement l’autonomie institutionnelle, pour décider par eux-même quelles seraient les solutions économiques et commerciales qui profiteraient le plus à la population des Antilles.
+
C’est dès le début de la construction de l’État nation dans le courant du 19ème siècle que de nombreux territoires revendiquent plus d’autonomie.
Le courant de pensée régionaliste qui en découle s’inscrit dans l’opposition à la centralisation politique, la centralisation culturelle et le développement économique inégal.
A partir de la fin de la seconde guerre mondiale, plusieurs mouvements armés indépendantistes apparaissent comme au Pays-Basque, en Bretagne, en Corse et revendiquent la scission avec la France. Depuis, la plupart de ces mouvements ont abandonné la lutte armée pour s’engager dans des luttes plus institutionnelles. Ces mouvements indépendantistes étaient majoritairement ancrés dans une démarche progressiste, sociale.
Ces formes de luttes institutionnelles peuvent se matérialiser à travers les partis régionalistes qui revendiquent plus d’autonomie. Ils sont créés pour défendre les intérêts régionaux. Ils visent à promouvoir l’autonomie des régions et à valoriser les cultures locales. Ces partis répondent à un besoin de représentation politique des spécificités régionales. Ils cherchent à influencer les décisions politiques au niveau national et régional en tenant compte des préoccupations locales.
4. Des exemples nous montrent que différentes formes d'autonomies sont possibles et sont déjà à l'oeuvre ici, en France et ailleurs dans le monde :
+
+
Sur le territoire français, de nombreux.ses citoyen.ne.s pratiquent déjà des modes de vie autonomiste dans de nombreuses communautés aussi variées les unes que les autres. La volonté de faire collectif, de vivre en commun en s’émancipant des modes de consommation traditionnels, en développant un autre rapport au travail, à l’argent et au temps fait sens pour de plus en plus de monde.
-
-
- La ZAD de Notre-Dame-Des-Landes
-
La ZAD de Notre Dame-Des-Landes est l’exemple le plus emblématique d’une lutte collective qui a sauvé un territoire agricole bocager d’un grand projet imposé et inutile, la construction de l’aéroport du Grand Ouest. Les forces d’opposition à ce projet ont réussi en créant la ZAD de NDDL (Zone A Défendre), à construire sur ce territoire une expérimentation sociale qui est encore active à ce jour. Dès sa formation, la ZAD devient une zone d'expérimentation anti-capitaliste et anti-autoritaire, une nouvelle façon d'habiter le territoire et de faire société. Une pluralité d'activités sont mises en place, notamment d'agriculture vivrière.
-
-
- Des communautés autogérées :
-
-
-
- Des villes et des villages :
- MénilMenil La Horgne : petit village de la Meuse dans lequel un conseil citoyen prend des décisions qui concernent tous les habitants.
- UngersheimUngersham : petite ville d’Alsace qui a mis en place des centrales photovoltaîque des menus bios dans lecs cantines et a fortement diminué la consommation d’electricité dans les lieux publics.
- Langouet ce village quant à lui mise sur des mobilités douces telles que le covoiturage et le vélo ainsi que des habitats écolos qui consistent en des maisons faites de matériaux biosourcés
- Saillan : ce village de la Drôme à l’instar de Ménil la Horgne mise sur la démocratie participative. Cette dernière lui permets de mettre en place des solutions écologiques telles que le développement du bio, la fourniture d’énergie d’origine renouvelable
- Des villes et des villages :
-
-
-
- Les Oasis :
-
le Réseau associatif de développement durable des oasis, œuvre pour la préservation de ces zones végétalisées par des programmes de gestion.
+
Des exemples forts et inspirants :
-
-
- Les zapatistes,
-
C’est un mouvement qui prône l’autonomie des peuples indigènes du Chiapas au Mexique. Après des années de conflits qui l'opposent au gouvernement, il a su créer au fil du temps des communes autonomes. Il se caractérise aussi par un mode de vie plus respectueux de son environnement et aussi une opposition systématique aux projets mortifères qui menacent les terres.
-
-
- Le rojava
-
C’est une région autonome située en Syrie qui s’oppose aux milices kurdes. Son système politique est influencé par le municipalisme libertaire théorisé par Murray Bookchin et géré par des élus représentants des communes de façon plus horizontale. Ce système tend aussi à abolir les schémas patriarcaux en encourageant les femmes à s’émanciper du pouvoir masculin et en visant un minimum de parité dans les institutions